Présentation

Catégories

Recherche

Derniers Commentaires

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recommander

Lundi 18 février 2008 1 18 02 2008 16:14

Le 18 Fevrier 2008

Slam et chanson écrit ce matin dédié à mes deux fils emprisonnés...

J'ai cueilli tes éclairs dans les échos du vent
Mais aussi les colères de mes débordements
J'ai déchiffré tes lettres pour y perdre mes maux
Choisi l'avoir à l'être dans mes jeux de l'égo
J'ai dévasté tes plaines comme le font les criquets
J'ai attaché mes chaines autour de tes poids niés.
Dérivé sur mes larmes jusqu'à te rendre fou
Chaloupé sur ton âme au fond de mes égouts.

J'ai relevé la tête je t'ai pris dans mes bras
Quitté ma salle des fêtes et retrouvé mes pas.
J'ai ouvert toutes les portes de mes îles de Gorée
Finie la mère morte aux atolls fatigués
Aux pieds de tes falaises j'ai chamarré mes mots
Mis entre parenthèses mes amarres de ghetto.
Et de ma main touareg au cœur de ton désert
Comblé tous mes nids d'aigle pour sortir de l'hiver.

Et lorsque tes trop piquent sur un banc d'amertume
Comme une vague à pic je deviens mère d'écume
Et je crie aux orages de n'plus se défiler
De percer le grand voile sur l'amer déchainé
Car au cœur de « l'atoll » je sais que l'horizon
Comme une flamme folle est ta seule raison
Pour fuir ce tour d'immonde et ses terres inconnues
Pour embrasser le monde sans te brouiller la vue.

Balises et feux de brousse pour éclairer l'ennui
Tes alizés me poussent à sortir de mes nuits
Je remonte la grand voile sous les assauts du vent
Je mutine les étoiles qu'elles te servent de sextant.
Dans cette étrange course afin de te guider
Je deviens la Grande Ourse de ton ciel effrangé
Que plus rien ne vacille devant la liberté
Faire le point sur les îles mettre la barre sur l'été.

Par Catherine - Publié dans : SLAM - Communauté : Oeil alarme ou larme à l'oeil
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 13 février 2008 3 13 02 2008 23:49




Par Catherine - Publié dans : VIDEO - Communauté : Oeil alarme ou larme à l'oeil
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 12 février 2008 2 12 02 2008 20:02

Hier, j'ai eu Cyril au téléphone qui m'a expliqué que dés le matin une fouille sur les détenus a été mise en place lors de laquelle les agents ont inspecté les anus des prisonniers.
Cyril a refusé de se baisser et d'écarter ses fesses, comme le lui demandait l'agent de son étage.
Il a argué en plus, du fait qu'avec sa jambe cassée, il ne pouvait accomplir certains gestes.
Comme les agents n'avaient aucune matière à charge contre lui, ils ont décrété qu'il avait entraîné les autres détenus à refuser ces pratiques, argument qu'il réfute catégoriquement.
"Je ne suis pas le gardien de leur temple" a t'il juste dit pour sa défense.
Je rappelle ici que Cyril a subi il y a quelques années une fouille musclée de la part d'une douzaine d'agents de l'administration pénitentiaire, lors de laquelle ils lui ont de force écarté les fesses et au cours de laquelle il a eu les côtes cassées ainsi qu'un orteil du pied. C'est pour cette raison qu'il va aujourd'hui devant la cour européenne des droits de l'homme qui vient de décider de la recevabilité de son dossier, ce que la toute puissante administration pénitentiaire n'arrive pas à digérer. C'est pourquoi, elle le pousse sans arrêt à pêter les plombs pour pouvoir justifier de ses exactions inacceptables dans un pays qui porte la démocratie en étendard.

Cette nuit, comme je n'arrivais pas à dormir au regard de ce que j'avais entendu de mon garçon, j'ai écrit un texte de slam que je dédie à toutes les mères, épouses, filles, soeurs, belles filles et à tous ceux qui se rendent en visite en prison au parloir.




Histoire de parloir (dédié à mes deux garçons)

Je sais que tu m’attends,
Au fond de ta prison
Derrière les murs de sang
De nos deux horizons.
Je marche, je cours, je pleure
Rendez vous à 13h
Faut même que j’accélère
Si je veux être à l’heure.
Je joue au full contact
J’avance à coup d’épaules
Dans cette foule compacte
Glacée comme les deux pôles. J’ai peur d’un faux contact
De perdre le control
A chaque nouvel impact
A chaque fois qu’on me frôle.
Je fonce vers le métro
Où sa bouche m’avale
Une fois dans l’escalier
En trombe je le dévale.
Mes émois me remuent
Et font naître des larmes
Qui me brouillent la vue
Merde ! J’ai loupé ma rame.
Je m’assoie sur le banc
Je guette la prochaine
J’ai peur de l’incident
Qui empêch’rait qu’elle vienne.
J’arrive devant la porte
Il est déjà moins l’quart
Il faut que je sois forte
Pour un super parloir.
Et c’est toujours la même rengaine
J’ai le cœur qui tape à tout péter
Mais c’est lui qui m’entraîne
A Fresnes, Fleury ou la Santé.
Ca y est t’es devant moi
Il pleut derrière mes yeux
Quand tu as mal pour moi
Quand le diable est odieux.
Je sens mes émotions
Ricocher sur les murs
Et puis les contusions
Pointer sous ton armure.
Tes bras m’entourent enfin
Et je me sens revivre
Qu’il est long le chemin
Qui mène à l’autre rive
Et toujours dans tes bras
J’ai envie de hurler
Je sens ton cœur qui bat
Près à se décrocher.
Tu m’dis que tout va bien
Je sais qu’tu prends sur toi
Mais la sueur dans tes reins
Elle ne me trompe pas.
Alors j’ravale mes pleurs
Et dégaine un sourire
Je sais que ta douleur
Va me forcer à vivre.
Sur l’chemin du retour
Je marche comme un robot
Je n’vois que les contours
De tes doux derniers mots
Maman j’t’aime plus que tout
Il faut pas m’en vouloir
On arrivera au bout
De cet affreux couloir.
Si la mort rôde parfois
Je n’sais pas l’avenir
Mais je sais qu’elle fuira
En te voyant sourire.

Par Catherine - Publié dans : SLAM - Communauté : Fraternité a perpète
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 31 janvier 2008 4 31 01 2008 22:32

Akli D. est arrivé nu à l’émission Maghreb Afrique Survivre au sida : seul, sans musiciens, avec ... Tout » seulement sa guitare, son sourire et ses cheveux... L’équipe de l’émission a croisé plusieurs fois Akli D dans des concerts et soirées.
À chaque fois, nous l’avons interpelé pour l’inviter à venir chanter pour les familles. En France, parmi les trois nationalités du Maghreb, les Algériens sont les plus touchés par le virus du sida, et en Algérie, l’Est algérien payent le plus lourd tribut au sida.
« Pour moi, l’invitation est naturelle. Quand je chante, je ne chante pas uniquement pour les gens qui ne sont pas malades.
Je crois qu’on chante pour tout le monde.
C’est vrai que les malades ce n’est pas pareil, mais on est tous malades quelque part. Pour moi, c’est naturel d’être ici, tout simplement
.


Akli D. chante les enfants tchétchènes à l'émission Survivre au sida
http://video.google.com/videoplay?docid=-1653858951183086...

Par Catherine - Publié dans : VIDEO - Communauté : Oeil alarme ou larme à l'oeil
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 19 janvier 2008 6 19 01 2008 22:28

Delphine Boesel avocate
25 rue Saint Sébastien
75011 Paris

Paris, le 19 janvier 2008

Chère Catherine,

Je reçois ce jour une très longue lettre de Cyril, qui se trouve au quartier disciplinaire depuis maintenant presque une semaine. Depuis les quatre années que je le connais, il m’a souvent écrit de longues lettres pour me raconter ses conditions de détention et me demander d’intervenir auprès des directions des différents établissements dans lesquels il se trouvait.
C’est la première fois que je ressens de la résignation dans ses propos, tellement sûr que tout sera fait pour l’empêcher de sortir. Il doit comparaître devant un juge de l’application des peines dans 10 jours pour présenter son projet d’aménagement de peine.
Et il ne se fait aucune illusion sur le terme de cette audience.
Peut-être ne devons nous pas penser que cette décision à venir sera défavorable avant même que le débat ne se tienne.
Mais, nous ne pouvons nous empêcher de penser que les jeux sont déjà faits.
Et cela, en raison du comportement de l’administration pénitentiaire avec lui depuis plusieurs années. Cette administration essayera de nous faire croire qu’elle ne peut intervenir dans une décision qui sera prise, c’est vrai, par un magistrat. Mais lorsque l’on voit tous les bâtons qui sont mis dans ses projets, on ne peut que penser que l’une des missions de l’administration pénitentiaire qui consiste à assister une personne détenue dans sa réinsertion n’est absolument pas remplie concernant Cyril.
Je le connais depuis plusieurs années et pourrais parler de ce que j’ai vécu à vos côtés depuis tout ce temps : recours administratifs pour l’isolement, les transferts incessants….
Mais, je préfère vous parler d’aujourd’hui, maintenant qu’il est condamné définitif, en fin de peine, et qu’il ne pense qu’à une seule chose : retrouver sa femme et sa fille de 5 ans.
Or, depuis qu’il est arrivé au centre de détention de Meaux Chauconin, cela fait plusieurs mois, il se trouve toujours dans un étage « fermé », un régime de détention identique à celui des maisons d’arrêt. Il n’a accès à aucune activité et a, à plusieurs reprises, demander à être reçu par le service qui s’occupe d’un stage Théâtre. Certains détenus arrivés après lui ont déjà été reçus et ont déjà commencé la formation….
Dès son arrivée, il a demandé à voir un psychologue. Plusieurs courriers écrits par ses soins, qui n’ont reçu pour unique réponse qu’il était inscrit sur la liste d’attente et qu’il fallait attendre son tour. J’ai tenté d’intervenir auprès de la direction, du JAP de MEAUX.
Il ne s’agissait pas, pour lui, de demander un traitement de faveur, mais nous savons qu’il avait entamé de tels soins lorsqu’il se trouvait à la Santé, et qu’il avait su en tirer profit.
Tout le monde et même la directrice adjointe de l’époque à la Santé (qui se trouve être aujourd’hui la grande directrice de Meaux…) avait pu constater l’évolution.
J’ai, par ailleurs, assisté Cyril devant une commission de discipline au mois de septembre 2007, alors qu’il était accusé d’avoir proféré des menaces et des insultes contre des surveillants et d’avoir provoqué un tapage. Nous avons longuement parlé de cette affaire, qui s’est soldé par une « relaxe » sur les faits de menaces et d’insultes. Seul le tapage a été retenu parce qu’il avait osé jeter ses béquilles au sol.
15 jours de quartier disciplinaire dont 13 avec sursis et 17 jours de crédit de réduction de peines immédiatement retirés par le Juge de l’application des peines.
Evidemment nous avons immédiatement fait un recours administratif contre cette décision mais le temps que le tribunal administratif ne nous réponde…
Il avait interjeté appel contre la décision de retrait des crédits de réductions de peines, mais on lui a apporté le formulaire tardivement et il n’était plus dans les délais….
Par la suite, un nouveau passage en commission parce qu’alors qu’il se trouvait au quartier disciplinaire pour la précédente affaire, il a insulté une surveillante. Il a reconnu ce fait et s’est d’ailleurs excusé auprès de celle-ci. Notons quand même qu’il n’avait rien à y faire dans ce mitard…
Et enfin, et j’aimerai vraiment pour lui et vous sa famille, que cet adverbe représente la réalité, dernier élément démontrant l’acharnement, mais pas des moindres, ce dernier passage en commission de discipline, où il est condamné à 8 jours de quartier disciplinaire et non révocation du sursis antérieur. Un surveillant s’est plaint que Cyril l’ait bousculé.
Une enquête plus que bâclée, la parole de Cyril qui ne vaut pas un clou et celle de deux témoins (sur les 10 présents, mais qui n’ont pas tous été entendus) qui ne veulent pas parler « pour ne pas avoir de problèmes »….
Lorsque l’on connaît les conséquences que 8 jours de quartier peuvent avoir sur lui, son dossier et surtout sur la présentation qui sera faite de lui devant le JAP dans 10 jours, cela fait froid dans le dos….
Evidemment, nous allons engager un recours pour montrer aussi à la juridiction administrative comment les débats peuvent se tenir devant une telle commission, alors que la première parole de la directrice fut de dire : « de toute façon, je crois ce que le surveillant a écrit »…
A quoi cela sert de réunir une telle commission lorsque l’on tient de tels propos avant même d’entendre les explications de Cyril.
Comme vous le savez, je n’étais pas présente. J’avais vu Cyril le matin, nous avions préparé ensemble des conclusions visant à la convocation de tous les témoins et à la relaxe de Cyril. Cependant, Cyril était assisté de Me Isabelle BENAZETH, une consoeur, qui m’a rapporté exactement dans les mêmes termes, les premières paroles de Madame LORNE, la directrice de l’établissement.
Et finalement, des exemples comme cela, j’en ai malheureusement de très nombreux. Et un dernier en date, que j’apprends en lisant le courrier qu’il vient de m’adresser : au mitard depuis lundi, le 14 janvier, il a demandé ses cours par correspondances du CNED. On vient à peine de lui en amener certains mais qu’il ne pourra renvoyer au correcteur car les cours en sa possession ne sont pas complets….elle est belle la réinsertion………………
Alors pour éviter tout problème, il m’a indiqué que dès sa sortie du quartier, il réintègrera sa cellule en détention et se mettra « en mode QI », à savoir qu’il ne sortira de la cellule qu’à l’occasion des parloirs.
Alors, que pourrais-je lui répondre lorsqu’il me posera la question de savoir quand il sortira ? est ce que son projet d’aménagement de peine, plus que sérieux et travaillé par lui, est valable et suffisant pour un juge d’application des peines ? Est ce que j’oserai soutenir son regard en essayant de le rassurer ?
Je perds la plupart de mes repères en ce qui concerne son dossier tant je n’ai jamais vu tant d’acharnement à pourrir la vie de quelqu’un, à tenter de le casser, à lui faire sentir qu’on lui fera payer chèrement ce qu’il a fait pour son frère.

Voilà, Chère Catherine, ce que je ressens actuellement et ce que je peux dire sur la situation de Cyril, qui veut quand même que vous sachiez, vous et tous ses proches, qu’il ne faut pas que vous vous inquiétez et qu’il restera zen quoiqu’il arrive.
Il faut espérer que cela suffira…

Par Catherine - Publié dans : APPEL POUR CYRIL - Communauté : Fraternité a perpète
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 17 janvier 2008 4 17 01 2008 22:24

Derniers assauts désespérés de l’administration pénitentiaire, pour faire craquer Cyril Khider, après qu’elle ait pris connaissance de la recevabilité du dossier de Cyril, devant la Cour Européenne des droits de l’homme…

Je viens d’avoir un coup de téléphone affolé de Delphine Boesel l’avocate de mon fils Cyril Khider qui sortait du centre de détention de Meaux Chauconin où il est incarcéré.
Delphine m’a dit que c’était la première depuis ces cinq dernières années qu’elle avait perçu la peur dans la voix de Cyril.
Hier, j’avais déjà reçu deux autre coup de fil de détenus qui ont vu le déroulement de la scène qui a conduit Cyril au mitard, il y a deux jours alors qu’il refusait de répondre aux provocations des surveillants. C’est pour cette raison que son avocate s’est rendue sur place.
En effet, les évènements semblent se précipiter autour de Cyril, une fois de plus, depuis que l’Administration pénitentiaire est au courant de la recevabilité de son dossier devant la cour Européenne des droits de l’homme.
Nous avions déjà remporté une première manche devant les tribunaux administratifs dans ce bras d’enfer engagé depuis des années contre l’administration pénitentiaire, afin d’obtenir sa sortie et la levée de l’isolement arbitraire qu’il subissait.
Je rappelle ici qu’à l’issue de ce procès, nous avons eu gain de cause et les allégations mensongères de l’administration pénitentiaire ont été clairement établies.

Je profite de cette lettre ouverte pour remercier monsieur Thibaut Célérier, commissaire du gouvernement pour les conclusions qu’il a rendues au tribunal administratif de Paris au début de l’année 2007.
Je remercie également l’observatoire international des prisons (Oip) pour le travail juridique qu’il a fait dans ce dossier et pour le soutien apporté à notre avocate Delphine Boesel.

Aujourd’hui, les plus hautes instances vont se pencher sur ce dossier, ce qui explique la volonté de pousser mon fils au bout de ses limites, afin de pouvoir le présenter en cas de pétage de plomb, comme un individu dangereux et par là même justifier les exactions dont il a fait l’objet toutes ces dernières années sans discontinuer.
Plus personne n’est dupe, beaucoup de personnes suivent ce dossier depuis des années.

Cyril a été placé au mitard de façon arbitraire une fois de plus, après avoir été entendu quelques jours plus tôt par la sous directrice, dans le cadre d’une permission de sortie, durant laquelle il devrait rencontrer son employeur.
Lors de cette permission, il devrait également se rendre à la clinique du sport pour sa cheville qui a été cassée, plâtrée, replâtrée puis tordue le jour même, alors que le plâtre n’était pas sec, par des agents de l’administration pénitentiaire.
Or, durant cet entretien, la sous directrice lui a fait comprendre que jamais il ne sortirait de prison en liberté conditionnelle, qu’il fallait que je cesse de me battre à l’extérieur contre les tortures et autres actes dégradants, humiliants, indignes de notre démocratie.
En fait, un véritable chantage que Cyril a refusé au nom de tous ses compagnons de misère qui subissent l’indicible, à l’abri des regards.
Malgré tout ce qu’a subi Cyril, jamais il n’a levé la main sur un agent de l’administration pénitentiaire et aujourd’hui, il ne supporte plus que je lui répète de rester calme, parce que l’on ne peut l’être plus qu’il ne l’est.
En fait, je me rends compte que lorsque je lui dis cela c’est à moi que je fais cette imprécation, parce qu’à sa place, je pense, que j’aurais explosé depuis longtemps.
Il n’y a qu’à cliquer sur ce lien pour lire tout ce qui a été dénoncé lors de son procès d’assises en mars dernier et qu’il l’amène aujourd’hui devant la cour européenne des droits de l’homme. Ainsi en lisant la liste non exhaustive de ce qu’il a vécu nous pouvons comprendre que n’importe lequel d’entre nous, aurait craqué depuis longtemps face à de telles horreurs.
Toutes les pressions qu’il subit n’ont d’autre but qu’empêcher les velléités de procédures chez les autres détenus ou leurs familles.

Il reste clair à mes yeux qu’une personne qui enfreint les lois d’une société doit être écartée de celle ci un temps donné, mais pour autant, pouvons nous accepter que la torture et autres actes dégradants viennent s’ajouter à la privation de liberté ?
Vous remarquerez que j’emploie le mot torture depuis des années et que personne ne m’a jamais demandé d’en rendre compte devant un tribunal. Dommage ! Une tribune est une tribune et j’ai là, quelque matière…

Pourtant, avant d’aller devant les plus hautes instances, j’ai tenté à plusieurs reprises, une médiation en interpellant par courrier, madame Lorne, actuelle directrice de la prison de Meaux Chauconin. Elle était encore directrice à la prison de la santé lorsque je lui ai envoyé mon premier courrier pour que cessent les exactions dont Cyril faisait l’objet.
Je l’ai également interpellé à cette époque, lors d’un colloque où elle se trouvait parmi plus de cinq cent autres personnes, dont monsieur Badinter, des représentants du cabinet de l’ancien ministre de la justice, Pascal Clément, Claude d’Harcourt directeur de l’administration pénitentiaire et tout ce que compte cette dernière comme représentant de son autorité, ainsi que toutes les huiles de la psychiatrie, afin d’attirer l’attention sur la situation de Cyril.
Bien que je sache la cible très petite, en écrivant à madame Lorne, j’avais quand même visé le cœur.
Le cœur de la femme, de la mère, de la garante et responsable de tant de vies humaines. En vain.

J’ai tout essayé pour que cesse cette situation incroyablement barbare au pays des droits de l’homme. Interpellé Christine Boutin, Dominique Perben ancien ministre de la justice, téléphoné à Pascal Clément autre ancien ministre, l’été dernier alors qu’il était dans les locaux de France inter dont il était l’invité avec monsieur Badinter. C’était à l’occasion du débat engagé lors des états généraux sur la condition pénitentiaire. Il a occulté devant des milliers d’auditeurs ma question et mes remarques.
J’ai interpellé Patick Devedjian en direct lors d’un débat dans les locaux de Radio France où j’étais invitée ainsi que de nombreuses autres personnalités politiques, toujours en vain.

Que dois je faire ? Attendre de lire dans une rubrique nécrologique la mort annoncée de mon fils Cyril sans que personne ne remue le petit doigt?

Merci de faire circuler ce texte au sein de vos réseaux et plus loin encore si vous le pouvez.

Par Catherine - Publié dans : APPEL POUR CYRIL - Communauté : Fraternité a perpète
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 14 janvier 2008 1 14 01 2008 22:20

Je suis l’avocate de Cyril KHIDER depuis plusieurs années.
Depuis le premier jour où je l’ai rencontré jusqu’à aujourd’hui, je peux témoigner qu’il n’est plus du tout le même : il a beaucoup changé et évolué.
Il est presque en fin de peine et prépare actuellement son aménagement de peine.
Cependant, je suis inquiète et notamment suite à la commission de discipline qui s’est tenue aujourd’hui au centre de détention de Meaux Chauconin. En effet, je m’interroge de plus en plus sur les moyens que l’administration pénitentiaire mettra en œuvre pour le décourager de tous ses efforts et lui mettre des bâtons dans les roues. Nous allons faire un recours contre la décision d’aujourd’hui car Cyril a totalement contesté les faits et n’a jamais exercé la moindre violence à l’encontre d’un personnel pénitentiaire depuis le jour de son incarcération.

J’espère et aimerai me tromper mais il semble que les faits et les propos tenus à Cyril par différentes personnes nous donnent raison et cela est extrêmement inquiétant.

Delphine Boesel


Communiqué 14/01/08

Cours d'appel de Paris et de Toulouse: examen des non-lieux rendus à l'égard de détenus se plaignant de violences de la part de surveillants

La section française de l'OIP informe des faits suivants :
Les Cours d'appel de Paris et de Toulouse examineront, en audience publique, le 15 janvier pour la première, le 31 janvier pour la seconde, l'appel formé par deux détenus contre les ordonnances de non-lieu rendues respectivement par un juge d'instruction du Tribunal de Grande Instance (TGI) d'Evry et un juge d'instruction du TGI de Toulouse, s'agissant de violences dont ils se plaignaient de la part de surveillants. En dépit des éléments crédibles avancés, les requérants avaient tous les deux été sanctionnés par les magistrats instructeurs d'une condamnation à une amende civile pour plainte abusive.

La première affaire porte sur des faits survenus à la maison d'arrêt de Toulouse-Seysses durant les mois de novembre et décembre 2005. E. A. se plaint d'avoir été violenté par des surveillants de l'établissement, puis, plus gravement, par des membres de l'Equipe Régionales d'intervention et de Sécurité (ERIS) de Toulouse, alors qu'il refusait de sortir du quartier disciplinaire en protestation contre les mesures de sécurité draconiennes qui lui étaient imposées. Il fait état de coups sur le corps et la tête, de violences lors d'un changement de cellule puis d'une conduite de force en promenade, ainsi que d'une fouille intégrale humiliante. Les certificats établis au moment des faits attestent de lésions multiples et d'une fracture d'une côte. Ces événements sont relatés dans un avis de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) du 6 novembre 2006. Si la CNDS s'en est remise aux investigations judiciaires en ce qui concerne les surveillants, elle s'est estimée en situation d'affirmer, s'agissant des ERIS, que leur commandant « aurait pu prendre le temps pour tenter de convaincre E. A. de changer de cellule et n'aurait pas dû intervenir pour le conduire de force à une promenade qu'il refusait. »
Saisi d'une plainte avec constitution de partie civile le 22 décembre 2005, le juge d'instruction du TGI de Toulouse a rendu une ordonnance de non-lieu le 12 juillet 2007, au motif que l'intéressé avait adopté un comportement provocateur à l'encontre des surveillants, et que les agents des ERIS n'avaient fait usage de la force à son égard qu'en raison de son refus de se plier aux ordres. Il a condamné E. A. à une amende civile de 500 euros.

La seconde affaire concerne les conditions dans lesquelles Cyril Khider. a été fouillé lors de son placement au quartier disciplinaire à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) le 30 juin 2004. Il se plaint d'une agression sexuelle, affirmant que les agents lui ont écarté les fesses de force lors d'une fouille intégrale. Dans un premier temps, une enquête avait été diligentée par le parquet après le dépôt d'une plainte du détenu. L'affaire avait été classée sans suite après un simple échange de courriers entre le parquet et la direction de la prison. Cyril Khider avait alors porté plainte avec constitution de partie civile, afin de provoquer l'ouverture d'une information judiciaire. A l'issue de cette procédure, au cours de laquelle certains des personnels ont été entendus par les gendarmes, le juge d'instruction a estimé que les surveillants n'avaient fait qu'écarter de force les jambes du détenu, sans toucher les fesses du détenu et que, dès lors, l'infraction d'agression sexuelle n'était pas caractérisée. L'avocat du détenu a sollicité des investigations supplémentaires, affirmant que ous les éléments de preuve n'avaient pas été rassemblé par le magistrat, et qu'une confrontation s'imposait, d'autant que deux autres personnes incarcérées à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis se sont plaintes de faits similaires auprès de la CNDS. Le magistrat a considéré que ces demandes étaient à la fois irrecevables et infondées. Il a, le 16 octobre 2007, rendu une ordonnance de non-lieu et condamné le plaignant à 1000 euros d'amende civile.

Il se trouve que la Cour européenne des droits de l'homme est saisie de ce dossier. En effet, Cyril Khider. s'était plaint auprès d'elle tant en ce qui concerne les faits de violences alléguées que sur l'absence de diligence des autorités judiciaires à faire la lumière sur ceux-ci. Après un premier examen de recevabilité, la Cour de Strasbourg a, le 13 décembre 2007, décidé de communiquer la requête au gouvernement français en vue d'un examen de l'affaire au fond.

L'OIP rappelle :

-Que la Cour européenne des droits de l'homme juge qu'en présence d'allégations défendables de traitement, une obligation pèse sur les autorités publiques de réaliser une « enquête approfondie et contradictoire » ( CEDH, Assenov et a. c. Bulgarie, §102, no. 90/1997/874/1086) et que l'absence d'interrogatoire complet des protagonistes et l'insuffisance des actions tendant à réunir et évaluer les éléments de preuve, peut conduire à la conclusion que l'enquête était superficielle ou manquait de rigueur et, partant, qu'il y a eu violation des garanties procédurales (CEDH, Mentes c. Turquie, 28 novembre 1997, rec. 1997-VIII, §91)

-Que la Cour considère que « Lorsqu'un individu se trouve privé de sa liberté, l'utilisation à son égard de la force physique alors qu'elle n'est pas rendue strictement nécessaire par son comportement porte atteinte à la dignité humaine et constitue, en principe, une violation du droit garanti par l'article 3 » (Tekin c. Turquie, arrêt du 9 juin 1998)

-Que, «lorsqu'un individu est [privé de liberté] alors qu'il se trouve en bonne santé et que l'on constate qu'il est blessé au moment de sa libération, il incombe à l'Etat de fournir une explication plausible pour l'origine des blessures, à défaut de quoi l'article 3 de la Convention trouve manifestement à s'appliquer » (CEDH, Selmouni c. France, 28 juillet 1999).

L'OIP entend par ailleurs souligner que le prononcé d'une sanction pécuniaire ne peut qu'avoir pour effet de dissuader les personnes incarcérées de saisir la justice dès lors qu'ils s'estiment victimes de brimades de la part d'agents de l'Etat. En ce sens, elle constitue une atteinte au principe de prééminence du droit et au droit des détenus à un recours effectif, garanti par l'article 13 de la Convention européenne.

Par Catherine - Publié dans : APPEL POUR CYRIL - Communauté : Fraternité a perpète
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 13 janvier 2008 7 13 01 2008 22:16

 

Par Catherine - Publié dans : VIDEO - Communauté : Oeil alarme ou larme à l'oeil
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 12 janvier 2008 6 12 01 2008 22:09

Voici les dates de diffusion du documentaire "Tous coupables"
DIFFUSIONS PUBLIC SENAT (TNT: La Chaîne Parlementaire)

Samedi 12/01/2008 à 22h15
Dimanche 13/01/2008 à 18h15
Lundi 14/01/2008 à 11h20
Vendredi 18/01/2008 à 16h30
samedi 19/01/2008 à 14h00
dimanche 20/01/2008 à 09h00

Durée : 52 minutes

5b86b4201dde44340c3ab1124d359370.jpg

 

Par Catherine - Publié dans : EVENEMENT - Communauté : Fraternité a perpète
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 21 décembre 2007 5 21 12 2007 12:00

Sur un flanc de falaise
Qu’un océan d’oubli à trop léché
La solidarité se désagrège
Tandis que meurt l’humanité.
Et souffle le vent et le froid
Sur les moulins de Don Quichotte
Et sur les tentes mourroirs
Ou des types entassés
Finissent par devenir mouchoirs
A force de trop pleurer.
Pendant qu’ils se délabrent
Et qu’ils subissent désabusés,
Nous faisons des palabres
Qui nous cachent leurs forêts.
Des mots cyniques rictus de l’âme
Des mots brodés de fil d’enfer
rouillés par leur trop plein de larmes
Brûlants comme un dard dans la chair.
Alors nous glissons leurs souliers
Sous un sapin de conjectures
où nos guirlandes sont accrochées
Mais nous avons encore oublié
Que l’père noel est une ordure.
Il ne va rien leur apporter.
Et nous passons sur les trottoirs
En détournant les yeux
Parce que sinon dans leurs regard
Notre inertie est un aveu..
Et on se cache leur déchirures
Leurs plaies mobiles
Et leurs blessures
derrière la France de la rupture
Celle du 115 et des serrures.
Et des foyers cercueils
Qui puent la mort et la non vie
Comme un nouvel écueil
Pour leur égos meurtris.
Strip tease de la réalité
Qui un a un quitte ses voiles
Dans sa cruelle nudité
C’est l’être humain
qu’elle nous dévoile.
Tandis que crèvent sur le pavé
Tous les enfants de Don Quichotte
Pieds nus dans l’illusion
L’humanité grelotte.

 


Le label (mondialiste) et le clochard
Par Catherine - Publié dans : SLAM - Communauté : Oeil alarme ou larme à l'oeil
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus