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Dimanche 28 octobre 2007 7 28 10 2007 22:09

Tandis que l’ogre moral, dévore l’humanité en gelée sur ses tartines de paix grillée, la justice nous parle, sans états d’âme, dans une langue inconnue. Et, à l’ombre du droit, dans les jardins d’écorche, poussent, aux pieds des abus, des plaies et des bosses, toutes les raisons de la colère.

Au nom du pire...Du fric...Du saint mépris...Que ta sécurité soit faite...

Humaine !

Après de nombreuses permissions de sortie, Bertrand Cantat, a été libéré au milieu d’une bataille de clochers. Bien que je me réjouisse sincèrement de cette libération, je ne puis de m’empêcher de constater que mon fils Cyril, devrait être, lui aussi, relâché en liberté conditionnelle comme l’indique la loi.
Au lieu de ça, il claudique au mitard de la prison de Chauconin avec une jambe brisée.
Comme Bertrand, il présente toutes les garanties : travail, volonté de réintégration au sein de la société, une épouse et une petite fille de 4 ans. De plus, il a fait 6 ½ sur les 10 auxquels il a été condamné, soit 1 an ½ de plus que Bertrand au moment de sa libération et dans des conditions telles, que l’administration pénitentiaire a été condamnée pour allégations mensongères.
Allégations qui ont permis de garder Cyril plus de cinq ans à l’isolement, en apnée dans la baignoire carcérale sur les six de détention préventive qu’il a effectué. Voilà pour le décor.
Après s’être cassé la jambe il y a trois semaines, durant lesquelles il a du se la faire replâtrer, des agents revanchards l’ont plaqué au sol le lendemain de sa sortie de l’hôpital. Ils n’ont rien trouvé de mieux à faire que lui tordre la jambe. Résultats des courses, il faudrait l’opérer assez vite mais, c’est impossible, il est au mitard pour avoir osé insulter ses tortionnaires. Cyril t’as rien compris la prochaine fois tu tends l’autre jambe.

Au nom du pire...Du fric...Et du saint mépris...Que ta sécurité soit fête...

Humaine !

En attendant le grand miracle démocratique et l’avènement d’un organisme indépendant de contôle, est ce que mon fils, Cyril, doit crever en prison dans l’indifférence quasi générale, parce qu’il a tenté de faire évader son frère ?
Sommes nous tous des Caïn ?
Alors, chaque jour, je prie Jésus, Joseph et Marie et tous les saints du paradis, mais aussi les prophètes criblés de barbe, qui prêchent dans leur église ou leur mosquée pour la survie des prisonniers.

Je veux que mon fils vive !

Au nom du pire...Du fric...Du saint mépris...Que tes quatre volontés sécuritaires soit fête, puisque le fruit de tes entrailles est pourri...

Ainsi sied il...Pour une justice à deux vitesses...

Voici maintenant la lettre qu’il m’a écrite l’année dernière pour m’expliquer sa décision de faire évader son frère le 27 mai 2001.

Ma chère maman,

Je n’ose te demander si tu vas bien car avec ce que tu vis il m’est impossible d’imaginer ta vie facile, c’est au parloir que tu me donnes la réponse à cette question qu’il m’est impossible de te poser. Cependant, je t’avoue me nourrir de ta force.
Je vais donc entrer directement dans le vif du sujet, à propos de ce que tu me demande depuis des mois : Comment j’ai pris la décision de sauver mon frère ?
Pour commencer, il faut que tu saches que cela n’a pas été chose simple car cela n’était pas clairement verbalisé entre lui et moi, cela s’est fait de manière beaucoup plus subtile.
Je vais te raconter en substance dans cette lettre, l’un des derniers parloirs que nous avons eu, un des plus forts en terme de pure émotion, celui qui m’a le plus troublé en tout cas. Je t’avoue que tout cela était enfoui en moi depuis l’énoncé du verdict de la cour d’assises, mais ça n’avait pas encore émergé au niveau de ma conscience en terme de passage à l’acte.
Depuis quelque temps je ne pouvais plus parler avec Christophe il était passablement irascible, énervé, les mecs devant s’occuper de lui afin de l’extraire de sa tombe ne se mobilisaient pas, pire ils faisaient semblant.
Lors du dernier parloir, l’émotion était si intense dans cette minuscule cabine, l’ambiance si électrique que j’osais à peine respirer - j’ai pris la main de mon frère dans les miennes et ce que j’ai ressenti est très très dur pour moi à expliquer,il m’est difficile de traduire par l’écrit le sentiment douloureux qui m’a submergé en cet instant précis.
En le regardant dans les yeux j’ai vu toute notre enfance défiler dans son regard. J’ai revu ce fameux jour ou Mamie et lui m’ont emmené jusqu’à Vitry sur Seine pour nous rendre dans un foyer, toi tu étais en prison je ne le savais pas.
En arrivant sur place, Mamie m’a acheté des bonbons et des glaces, je me souviens de cette journée comme si c’était hier, comme si tout ce qui suit venait de se passer récemment. A un moment donné Mamie s’est tournée vers moi et m’a montré une lourde grille en fer forgé sur le trottoir d’en face et me l’a désigné comme l’entrée du foyer où je devais habiter à partir de ce jour, m’expliquant qu’elle était fatiguée et qu’il fallait que j’apprenne à l’école.
Sur le coup je n’y ai pas cru, mais Mamie s’est mise à pleurer et Christophe l’a suivi, pas besoin de te dire que moi aussi je me suis mis à chialer. Mais bien que tout cela soit très triste ce n’était rien à côté du sentiment d’abandon total qui m’a submergé quand je me suis retrouvé seul à l’intérieur du foyer, la séparation me faisait mal partout, j’étais une boule de douleur, j’étais LA douleur confronté à un monde que je ne connaissais pas - Je croyais ne plus jamais vous revoir.
C’est tout cela qui est passé dans les yeux du frangin lors de ce dernier parloir.

Que devais-je faire hein ?
Faire semblant de ne pas voir ?
Me la jouer Caïn et le tuer en l’empoisonnant au parloir d’un fratricide bonbon ou d’un gâteau assassin, lui si gourmand de tout ?
Le regarder mourir sous mes yeux sans rien faire ? -Accepter d’être une espèce de Ponce Pilate et me laver les mains sous ses larmes de rage invalide ?

Christophe ce n’est pas une partie de moi, c’est moi tout entier.
De plus, a cette époque, ses amis ainsi que mon père le laissaient crever, je les ai tous détestés pour cela, même si au fond de moi je me sentais à égalité avec eux, je n’arrivais pas à me regarder dans un miroir parce que je n’arrivais pas à prendre de vraie décision. Moi, qui d’une certaine manière avait subi l’abandon petit, je laissais mon propre frère se consumer du feu de son impuissance sous mon léthargique regard - Comment assumer ensuite cette non assistance à frère en danger de mort - quelle honte, quelle ignominie ! Jamais je n’aurais pu survivre à tant de lâcheté et de félonie !
J’ajoute que Christophe s’est toujours comporté avec moi de façon superbe, mieux que ne l’aurait fait un père et ça tu le sais bien sur -

Dans ce cas, comment pouvais-je agir autrement qu’en forçant le destin ?
Je te connais que trop bien maman, je savais que tu ne pourrais m’en vouloir de prendre cette énorme décision dés l’instant où tu l’as su, à ma place tu aurais agi de cette manière, n’essaye même pas de me dire le contraire tu es trop idéaliste pour ça, les chiens ne font pas de chats !
Voilà ma chère maman, ce que je peux te dire sur mes motivations.
Ce n’est pas de gaieté de cœur que je t’écris tout ça, j’ai l’impression de participer au viol du secret fraternel dans le dossier de ma vie. Plus que tout, je n’ai surtout pas envie de te blesser en ressassant ce passé que tu as transcendé en quelque chose d’exceptionnel. Personne ne revient de là où tu es allée, sauf toi, par la grande porte en plus, nous offrant au frangin et à moi un bout de cet horizon que la justice et la pénitentiaire nous arrachent à coups d’années de prison, de tortures, de traitements inhumains, dégradants, ou d’exactions. Tu m’as transmis de ta force mentale et de ton énergie.
Tu m’as dit au parloir que le frangin et moi t’avions tiré vers le haut ces dernières années, que tu es fière de nous avoir pour fils, en ce cas je te répondrais que durant ces années où tu nous as porté, c’est vers les étoiles que toi tu nous tire...

Je t’embrasse à la mesure de mon immense amour.

Ton fils Cyril qui t’aime.

Par Catherine - Publié dans : APPEL POUR CYRIL - Communauté : Fraternité a perpète
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Dimanche 28 octobre 2007 7 28 10 2007 21:59

Quand la sécurité arpente le trottoir de nos peurs, derrière le mini string social, coincé dans la grande république, on peut apercevoir son paradis liberticide, parfaitement épilé. Prêt à engloutir les dernières libertés du monde…

Tandis que sous le poids des actes dégradants et des humiliations, la glace se fendille, craque et fond, sous la banquise pénitentiaire grondent des océans d’amer aux vagues de rancune, des tsunamis de haine et de colères maintes fois refoulées, dont la violence nourrie de frustrations va tout dévaster sur son passage. Inonder les ravins d’injustices et les vallées de désespoir creusées par l’ère des sommets…du fric, noyer les montagnes de dédain et les forêts de mépris et araser toutes les inégalités.

Et sous l’iceberg, rongé de misère et de sang, poussent dans les cruelles ornières, profondément labourées, pensées chrysanthèmes, fleurs de révoltes et roseaux d’amitié. Et, tout au fond des cellules, dans les rêves d’évasion, s’envolent à bord de « libellule » tous les « Papillon »…


J’attends depuis 12h30 dans la salle d’attente de la prison, j’ai parloir à 13h30 mais, il faut se présenter impérativement ¾ d’heure avant pour se faire enregistrer. C’est un copain de Cyril qui est venu me chercher dés 10h30, avec sa femme et ses enfants, en bas de chez moi pour m’accompagner à la prison de Meaux Chauconin. Avec les résidus de la grève d’avant-hier, je préfère anticiper vu que l’accès à la prison est très difficile et les bus, au départ de la gare de Meaux, disparates.

Je n’ai évidemment pas dormi de la nuit après les évènements de ces derniers jours, durant lesquels Cyril a eu des tas de problèmes avec l’administration pénitentiaire, après que certains agents l’aient plaqué au sol et tordu sa jambe cassée à sa sortie de l’hôpital.

Derrière son guichet fermé, la surveillante, kit piéton greffé à l’oreille, discute tout en mangeant un sandwich, tandis qu’une femme lui réclame, en vain, un formulaire adéquat pour un dépôt de linge.

A moins dix passé la surveillante clôt sa conversation téléphonique, et nous jette un regard torve, dans lequel on peut lire toute la passion de son métier. La file d’attente s’est étoffée mais, je suis la première.

« Bonjour madame

« Nom du détenu

« Cyril khider

« Ah vous n’avez pas rendez vous madame !

« Oui bien sur, je suis venue ici par pur plaisir et ce ticket de rendez vous je l’ai fabriqué cette nuit ! »

Bien que pour l’administration pénitentiaire ce ne soit pas une preuve suffisante, je lui colle sous le nez le ticket que ma délivré la machine, sur laquelle on prend les rendez vous. J’ai l’impression de vivre un remake d’une veille de grève ou d’un samedi matin avant un pont de quatre jours, à la poste, quand un seul guichet fonctionne. Alors qu’elle finit par trouver le nom de Cyril sur sa petite liste d’une vingtaine de noms, elle s’approche de la vitre du guichet avec un sourire appuyé. Mais, je m’arme de patience.

« Ah madame vous n’avez pas de permis de visite pour la personne concernée !

« Non bien sur, ça fait d’ailleurs six ans ½ que je viens au parloir en esquivant tous les contrôles et en passant à travers les murs »!

Tandis qu’elle se lève, tout en faisant semblant de farfouiller dans un tiroir, dont elle ne sort rien, je lui dit que c’est elle qui m’a remis ma carte magnétique pour la prise de rendez vous, trois semaines auparavant, et que pour cela il me fallait avoir impérativement un permis.

« Madame votre fils est au mitard vous ne pouvez pas le voir.

« Il est sorti ce matin je l’ai eu au téléphone, et, quand bien même y serait il, la loi en vigueur indique que le premier rendez vous, pris avant le placement au quartier disciplinaire, doit être honoré ».

Malgré le froid, je sens des gouttes de sueur perler entre mes omoplates et couler le long de mes reins, mon cœur qui s’emballe et mes nerfs me lâcher, tandis que derrière moi les familles s’impatientent. Néanmoins, l’enjeu est trop important et le but de cette horrible femme, clairement affiché. Je refuse de perdre pied ou de jeter l’éponge, à l’image de ma cirrhose de foi en l’être humain, dans des moments comme celui-ci.

Puis, son collègue arrivé sur les lieux entre temps, beaucoup plus sympathique, lui fait comprendre de lâcher du lest, lui faisant remarquer que puisque j’avais eu mon fils au téléphone, il n’y avait pas de problème. Vexée, elle ne peut s’empêcher de rétorquer que ça ne veut rien dire. Elle s’empare du téléphone pour appeler dans la prison un collègue qui lui confirme ce que je viens de mettre 20 minutes à lui expliquer.

Les derniers miasmes de cette mésaventure s’effacent, à l’instant même où, Cyril, affublé de ses béquilles, entre dans la cabine du parloir. Nous sommes une heure plus tard.

Quand il me serre dans ses bras et qu’il m’embrasse dans le cou, la vie circule en moi à nouveau. Je lui demande comment va sa jambe, il me répond que ça va, bien qu’il faille l’opérer après la méchante torsion que les agents ont exercé sur sa cheville et qu’il a peur de rester handicapé, mais qu’il refuse de se faire opérer à l’hôpital de Meaux où on lui a changé trois ou quatre fois de plâtre et refusé de lui mettre de la résine qui aurait évité cette opération. Je ne peux m’empêcher de penser que si la loi était la même pour tous, il se ferait opérer dans l’hôpital de son choix après avoir bénéficié d’une libération conditionnelle.

Je suis terriblement angoissée. Puis, il me demande de ne pas m’inquiéter que tout finira par s’arranger…C’est déjà l’heure de repartir, je suis à pied, il gèle et il n’y a pas de bus pour aller à la gare à plusieurs kilomètres de là et les amis sont partis. Je suis anéantie. Puis, un couple me propose de me ramener près de chez moi ce qui, en ce moment précis, me réconcilie avec le reste de l’humanité. Il est 18h30 passés lorsque je débarque chez moi, vidée mais heureuse d’avoir vu mon garçon…

A suivre

Par Catherine - Publié dans : TEMOIGNAGE - Communauté : Fraternité a perpète
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Dimanche 28 octobre 2007 7 28 10 2007 21:57

Dans la décharge humanitaire, débordant d’immondices, de pourriture et de misère, attendent dans de grands sacs poubelles, les déchets de la pauvreté que la broyeuse sécuritaire va recycler et rentabiliser. Et, tout au fond du vide ordures, jetée par le gang des postiches, de la démocratie, le serment trilogique rarement tenu : Egalité, fraternité et liberté.

Juillet 2004:
Ce matin, je prends le train pour la prison de Luynes, où a été transféré mon fils, Christophe, que je n’ai pas vu depuis quatre longs mois. Pas de moyens pour financer le tourisme carcéral. Evidemment mon désespoir se rend, cerné par le bonheur de revoir mon enfant. J’ai envie de crier, de chanter et de rire, des bulles de plaisir ont envahi mon cerveau, elles éclatent à mes tempes et me plongent dans une délicieuse ivresse. A part ce parloir, rien d’autre n’a de corps en ce jour de juillet, dissipé, léger, mutin et heureux.

Après trois heures et demi de train, je débarque à Aix en Provence sous un soleil écrasant qui a séché le ciel de ses nuages. De la gare, je prends un car pour Luynes.

Arrivée sur place je dois faire le reste du chemin à pied, je n’ai pas d’argent pour prendre un taxi et, comme la majorité des prisons, celle de Luynes est très excentrée.
Mon téléphone portable se met soudain à sonner tandis que je m’apprête à demander ma route au premier venu.

Intriguée par la voix que je ne connais pas, je comprends que la jeune femme au bout du fil m’appelle de la part de Christophe qui s’est débrouillé pour que quelqu’un vienne me chercher à Luynes et me dépose à la prison. Une fois encore, je bénis toutes les lampes à souder l’amitié au milieu des barreaux...Elle se présente à moi avec un large sourire, son mari est aussi incarcéré. Elle me dépose sur le parking de la maison d’arrêt.

C’est une prison carrée, de construction récente, aux angles pointus. Quelques touffes d’herbes ça et là, ont résisté au cagnard et aux enfants. Dans la salle d’attente, je mets une pièce dans le distributeur de boissons. Je suis aussi déshydratée que la justice. L’appareil ne me rend pas la monnaie de ma pièce et pas de bouteille d’eau non plus.

Mauvais présage ?

Nous entrons dans la prison, les autres familles et moi, où nous restons coincés plus d’une heure sous un soleil de plomb. L’attente est interminable...Je propose à une femme très âgée, affublée de béquilles, de se reposer sur mon bras, tandis que je demande alentour si l’attente est habituelle. Au moment où l’on me répond que, non, ça n’est pas normal, un maton vient me chercher pour m’extraire du groupe des familles. Il me demande de le suivre. Une porte d’entrée se trouvant à droite de celle d’accès au parloir s’ouvre à notre arrivée. Il semblerait que je sois dans la partie administrative de l’établissement. Je suis rapidement fixée sur mon sort quand deux flics à l’accent marseillais viennent m’expliquer que je dois subir une fouille à corps si je veux voir mon fils.

Je suis seule, ils sont nombreux, ils ont le pouvoir, je suis abasourdie par leur chantage d’effectif.
Je leur rétorque que Christophe a une mesure hygiaphone, c’est à dire qu’il y a entre lui et moi un double vitrage en plexiglas, excluant tout contact physique entre nous et, de fait, je ne peux ni le toucher, ni rien lui remettre, si telle était mon intention.

Il est évident que je n’ai rien sur moi, je suis habillée de façon si légère, qu’une simple torche électrique braquée dans mon dos me ferait une radio ! J’ajoute que je dois franchir les portiques de sécurité comme n’importe quel autre visiteur, rien à faire, je ne peux y couper. Mon sac de linge est donc fouillé, souillé en moins de trois minutes, balayant deux heures de repassage méticuleux. Des pensées de haine germent dans ma tête, même si elles ne fleurissent pas...

Une matonne est appelée à la rescousse pour pratiquer la fouille à corps. Je suis interloquée par ces pratiques sans raison valable, sans moral et sans éthique. Mon émotion est en miettes devant cette violence aveugle qui s’étale à perte de vue... Normalement, en cas de suspicion avérée, je dois être conduite dans un lieu prévu à cet effet, afin d’y être fouillé dans des conditions acceptables, si tant est qu’elles existent, soit : un commissariat, soit : un local prévu à cet effet. Là, je me retrouve entre la porte d’entrée de la prison, par laquelle je suis entrée deux heures et demi plus tôt, et la porte d’accès aux bureaux, dans une minuscule entrée où face à moi, sur un mur, courent des boites aux lettres.

Je n’en reviens pas. Je me défais de mon pantalon ultra-léger, de mon Marcel, de mes sous-vêtements et de mes tongs devant cette femme qui a décidé de m’humilier. Je m’en rends très vite compte.

Elle refuse de me rendre mes tongs une fois qu’elles ont été fouillées et alors que je lui demande poliment de bien vouloir me les donner.
Je lui rappelle que je suis pieds nus sur du béton, que je suis malade et invalide, que cette fouille est totalement arbitraire. Je ne suis ni incarcérée (et quand bien même ce n’est pas une raison), ni mise en examen, je suis juste une maman qui vient visiter son enfant.

Cynique, elle ricane se mettant, d’un coup, d’un seul, sur un pied d’égalité avec cette horrible américaine passée en boucle dans les médias elle qui se délectait de la nudité de prisonniers musulmans, à quatre pattes traînés au bout d’une laisse à la tristement célèbre prison d’ABOU-GRAÏB. Elle me fait tourner sur moi-même complètement nue, me faisant lever les bras. Puis, elle entreprend de fouiller ma chevelure, ma bouche, mes oreilles, sous mes pieds, entre mes doigts en ricanant dans un rituel propre aux vrais bourreaux. Elle se délecte de ma nudité. Je me recule alors qu’ elle tente de me toucher sous les bras, je ne supporte pas cette proximité. Je lui fais quand même savoir que seule l’envie de voir mon fils me permets de me dominer.
A peine la porte ouverte Derrick et son pote me récupèrent plein d’espoir quant à ce qui a pu être trouvé sur ma personne, le : « elle n’a rien » de la surveillante semble beaucoup les décevoir et les plongent même dans des abîmes de perplexité. J’accède enfin au parloir avec des heures de retard, heureusement que je dors sur place et que je n’ai pas de timing serré pour prendre un train ! Je suis bouleversée en voyant apparaître Christophe dans la cabine de parloir, quatre longs mois que je ne l’ai vu.

Que c’est dur pour une maman de ne pouvoir toucher son enfant, l’embrasser, le humer, le serrer dans ses bras, de la pure torture 100% pur jus.

L’atmosphère est à couper au couteau, que dis-je à la tronçonneuse, tellement la tension est grande.

Les émotions, les frustrations refoulées, les ressentiments exacerbés, la volonté de nous empêcher de communiquer électrisent l’ambiance. Elles planent, emplissant de leur brumeuse densité les quelques mètres cubes d’air vicié de la cabine sculptés de tant de souffrances contenues ou raisonnées.

Au bout de quelques secondes, Christophe me demande ce qui s’est passé, pourquoi ils ont mis tout ce temps avant que j’arrive dans la cabine de parloir. Il se met à pleuvoir dans mes yeux et un torrent de larmes déboule au bord de mes paupières baissées. Je n’arrive pas à endiguer la tempête émotionnelle qui me secoue, alimentée par des colères trop longtemps refoulées.

Je sens qu’au premier mot gentil de sa part, l’avalanche va se déclencher.J’ai beau essayer de respirer par le ventre, je n’arrive pas à prononcer une seule des phrases prévues. De son côté il ne peut me prendre dans ses bras pour me réconforter, cet horrible double vitrage en plexiglas l’en empêche. Je finis par lui avouer ce que je viens de subir contrainte et forcée une fouille à corps. Il est blême, il appelle le responsable du parloir pour lui faire part de ses doléances. D’un ton courtois mais glacial il lui fait savoir ce qu’il pense et toute l’ignominie liée à de telles pratiques. Il ne laissera pas passer. Le maton est livide mais par pour les mêmes raisons que mon garçon. Paniqué il repousse la porte disant à travers celle-ci, sans réussir à contenir le claquement de ses mâchoires qui s’entrechoquent, sur les tempos de sa lâcheté : « C’est pas contre vous monsieur Khider ni contre votre maman ».

Pendant ce temps je dis à Christophe que tout ça n’est pas grave, qu’il laisse tomber, je n’ai pas envie que poussé à bout, il commette l’irréparable pour me défendre, à savoir : frapper un surveillant. Même si ce n’est pas son style d’être violent ou de perdre pied. En dehors, des 40 jours de mitard en 2001 pour la tentive d’évasion, il ne connait aucun incident lié à la discipline. Mais, il est des situations où, le raisonnement et la bienséance n’ont plus cours.

Pour la première fois, j’entends de la bouche de mon fils les mots « porter plainte ». Ce qu’il me demande de faire dès mon retour à Paris.

Juste avant mon départ de la cabine, je vois arriver une équipe de matons cagoulés juste avant le départ de Christophe du parloir. L’un des cagoulés marque un temps d’arrêt pour me montrer l’un de ses biceps, qu’il essaye de faire rouler sous son tee-shirt en pliant le bras. Je sais que c’est de la provocation mais, je suis complètement angoissée, quant à la suite des événements.

Il va me falloir attendre deux longs jours pour connaître l’issue de ce déploiement de force.
Le surlendemain, lors de mon nouveau parloir, je subis, une fois encore, la fouille humiliante de l’avant veille, sauf que cette fois-ci, la matonne monte d’un cran dans l’abomination et exige que je tousse avec les jambes écartées. Je ne peux m’empêcher de lui demander pourquoi cet acte de barbarie, et si le fait de tousser pendant ses règles lui faisait expulser son Tampax, essayant par cette remarque désobligeante, de lui faire mesurer l’inutilité et la stérilité d’une telle fouille. Par ailleurs, elle a oublié d’inspecter le kleenex que j’ai déposé sur les boites à lettres en arrivant. Maigre consolation, mais j’attends que les deux pandore reviennent pour pointer son omission, véxée elle passe par toutes les couleurs de l’arc en ciel. Cet acte primaire de ma part est à la mesure de son degré de bêtise et, si je n’en suis pas fière, je ne le regrette pas.

Dès que je vois Christophe dans la cabine, j’oublie que je suis à la prison d’Abou-Graïb et me réfugie dans le bonheur d’être avec lui, bien qu’il est extrêmement tendu.On le serait à moins !

Il m’explique que les ERIS (brigade de surveillants encagoulés) ont cassé à coup de masse certaines cellules de l’isolement, pour tenter de trouver, je ne sais quoi, dans on ne sait quel but...

Une fois encore, nous perdons ½ heure, sur l’heure de parloir qui nous est impartie, à répéter nos phrases qui rebondissent ou viennent mourir aux pieds de ce double vitrage qui scinde nos émotions en deux. Main dans la main, de chaque côté de la vitre, bien plus loin que notre inconditionnelle relation mère et enfant, dans la douleur, nous nous faisons frères de sang.

Je pressens déjà le procès corrida à venir, au cours duquel pénitentiaire et justice vont exiger la queue et les oreilles de mes garçons.

Puis, dés mon retour sur Paris, je me vide de mon sang, plus de plaquettes sanguines et trop de stress, à l’hôpital, je me fais transfuser régulièrement.

Je ne peux rien dire, rien faire, en dehors de ce que je fais déjà.

Je me contente de survivre sur la pointe des pieds...

Voilà, c’était en Juillet 2004 j’avais envoyé cette lettre (que j’ai corrigé pour l’adoucir) un peu partout, dont une copie à l’Afp, pour alerter sur les nouvelles philosophies carcérales et pénales et leurs applications...

En vain. Seul Ban public l’avait mise sur son site, et, le journal l’Envolée, publiée.
J’ai déposé une plainte qui a été classée sans suite au bout de trois ans, il y a peu, à nouveau, je me suis portée partie civile et aux dernières nouvelles, mon dossier d’aide juridictionnelle qui était soit disant égaré, vient de refaire surface.

Peut on se faire complice de cela ?

Par Catherine - Publié dans : TEMOIGNAGE - Communauté : Fraternité a perpète
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Lundi 22 octobre 2007 1 22 10 2007 20:17

A lire l'article du Figaro d'hier (06 10 07) où mes propos ont été cités et repris dans l'interview de M. Delahousse.

Dans les champs dévastés de la fraternité où plus rien ne pousse, tournoient imperturbables, les vautours de la sécurité. Rien. Plus la moindre trace de vie. Tout n'est plus que peur, individualisme et désolation.

La vraie rupture est là. Puissante, paralysante, tétanisante, horrible plaie grouillant de vers déshumanisants. Elle infecte, irradie, atomise et désintègre les dernières lueurs d'humanité.

La solidarité, elle, a la densité d'un nuage empli d'aigreursqui tombent en pluie sur nos âmes corbillards de grands enfants égarés. Tandis que le système nous livre, ses alibis en kit, dans de gros oeufs « Kinder », pondus par l'inflation sécuritaire, notre résistance, aussi légère qu'une aile de papillon, s'envole vers le mirage des technosciences et de l'hyper consommation.

Pendant ce temps, rêvant d'un monde meilleur à défaut d'être bon, l'humanité grelotte pieds nus dans l'illusion.

Et, dans nos jours agonisants, intermittents de nos spectacles, nous détournons les yeux de toutes nos lâchetés.

Rien à foutre qu'on torture en prison. « Z'ont qu'à, ne pas z'y aller ». Ben oui, c'est forcément d' leur faute si ils en sont là, où ils en sont arrivés. Et puis, y'a pas de fumée sans feu, comme le dit la phrase consacrée.

Et, on finit par accepter, les injustices sociales, et le manque de justice en général, comme un mal nécessaire ou une fatalité.

Telles d'impromptues coulées de merde, dans le slip du système, elles nous paraissent inévitables. Pourtant, elles sont la conséquence directe d'une logique laxative que nous buvons tout en serrant les fesses et surtout sans tousser.

Evidemment, certains vont forcément rétorquer, qu'on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs. Ceux qui, pour rentabiliser la misère, sont prêts à cautionner le pire, au nom du mieux. Eux, qui, baveuse, garnie ou brûlée, en espèrent tous une part…

Et, dans les intestins démocratiques, dans nos prisons, au coeur de l'occlusion, si proche de la flamme, la colère gronde, enfle et mugit. Tandis que le magma en fusion, pétri de toutes les haines et frustrations est en ébullition. Et les noeuds de rubans de feu, en gros bouillons, portés par des années d'humiliations, éclatent, comme des bulles de béton, dans les entrailles de la bête.

Et, ça et là, au coeur de toutes les escarbilles volantes, nées de leurs éruptions, perdurent, stériles mais efficaces, la haine, la colère, la vengeance.

Pourtant, sur un bord de la déchirure, quelques âmes pures résistent avec leurs tous petits moyens. Une femme m'a guettée dans la rue. Deux fois. A quelques jours d'intervalle. C'est une jurée qui a siégé au procès d'assises de mes garçons, au mois de mars dernier. C'est la seconde femme jurée qui me contacte en quelques mois. La première avait claqué la porte, en pleine audience, après avoir dit à la présidente, ses quatre vérités. Du jamais vu ! Et puis aussi, cet autre membre du même jury, un homme cette fois, qui a offert à mes garçons, une boite de chocolat lors du procès.

12 heures. Temps du délibéré. Ils ont réellement bataillé, avec les autres, pour tenter de sauver, Cyril, mon fils cadet. Jamais, je ne pourrais oublier.

Et puis, il y a aussi, tous ces juristes qui, encore penchés sur ce dossier, nous permettent d'aller devant la cour européenne des droits de l'homme, dénoncer toutes ces ignominies.

L'Oip (observatoire international des prisons), l'Acat (actions des chrétiens pour l'abolition de la torture), madame Alima Boumédienne Thierry, sénatrice du parti des verts qui s'est rendue en prison ainsi que tous et ceux et celles que j'oublie de citer.

Toutes ces personnes ont replanté en moi, au coeur de la désolation, arbres de vie et de liberté, herbes d'amour et fleurs d'espoir, en m'empêchant de cultiver la haine.

Elles qui n'ont pas voulu sortir du champ fleuri de leur âme, de leurs valeurs, de leur conscience, là où fleurissent, sur le terreau de l'honnêteté tous les élans du monde et toutes les roses du petit prince…

Par Catherine - Publié dans : APPEL POUR CYRIL - Communauté : Fraternité a perpète
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 10 2007 20:14

Saint- Maurice le 03 /10/ 04

Madame Gensac,

Je viens de prendre connaissance des réquisitions rendues par le procureur de la république par le biais de mon fils Cyril Khider qui avait déposé plainte contre l'administration pénitentiaire pour agression sexuelle, après une fouille musclée autant que poussée, lors de laquelle, il a eu une côte et un orteil cassés sans que le médecin félon, présent sur les lieux, ne daigne mettre cet état de fait par écrit.

Dans ces réquisitions, le procureur avance qu'il s'agirait d'une plainte abusive et qu'il condamnait mon fils à une amende de 10.000 euros.

Peut être n'hésiterez vous pas à me traiter de menteuse, ou pire, à me faire condamner pour outrage à magistrat, moi qui ai vécu ces détestables pratiques en direct, elles qui m'ont envoyées à l'hôpital ?

Traiterez vous également ma belle fille de menteuse elle qui a vu arriver mon fils au parloir, couvert de sang ? Je ne parle même pas de toutes les horreurs qui sont relatées dans un dossier adressé à la cour européenne des droits de l'homme, que nous avons saisie, avec un mémoire conséquent, sur lequel plusieurs juristes se sont penchés.

Oui, il reste quelques personnes qui pèsent de tout leur poids dans la balance de la justice, pour tenter d'établir un semblant d'équilibre contre cette machine à broyer.

Ah utopie quand tu nous tiens !

Il me semble important, de rappeler ici, que le journal « l'Envolée » auquel j'ai participé plusieurs années, s'est vu traîner devant les tribunaux, après qu'une plainte en diffamation ait été déposée par l'ancien ministre de la justice, monsieur Pascal Clément. En effet dans l'un des numéros de ce journal, nous avions mis la lettre d'une personne détenue, qui avait subi les mêmes horreurs pour lesquelles, mon fils Cyril se voit condamné aujourd'hui, à 10.000 euros d'amende, pour avoir osé dénoncer la réalité des pratiques carcérales.

Je rappelle également que monsieur Pascal Clément a été débouté à l'issue de ce procès au cours duquel j'ai été entendue à la barre.

Hier encore, mon fils est arrivé au tribunal civil de Créteil les pieds nus, parce que les surveillants de la prison de Choconin, ont refusé qu'il garde le lacet de sa basket alors qu'il a la jambe cassée depuis peu et que, de ce lacet, dépend son équilibre puisqu'il marche sur un pied aidé de béquilles.

Cette mesure, censée prévenir le suicide dans les geôles républicaines, est une pantalonnade quand on sait que Cyril est resté plus de cinq ans à l'isolement à subir, tortures, actes dégradants, humiliations diverses et variées !

Ceci est un véritable scandale qui ne fait que confirmer, ce que tous nous pensons tout bas à savoir: porter plainte pour se défendre ne sert à rien.

Si l'administration pénitentiaire décide de détruire une personne, elle peut, en toute impunité, aller au bout de son ignoble logique, sans trouver sur sa route de réels éléments de frein.

Tous les recours, pour tenter de faire valoir un contre poids aux exactions de celle ci, au regard des réquisitions du procureur, sont parfaitement illusoires ainsi que poudre de Perlinpin jetée aux yeux de l'opinion publique.

Aujourd'hui, plus grand monde n'est dupe des pratiques féodales et monarcales de l'institution judiciaire qui n'a guère évoluée depuis le 15 ème siècle, malgré les discours dythyrambiques sur le sujet, qu'elle ne manque pas de nous servir, à la moindre occasion, pour redorer son blason .

Même ses armoires rient…

J'ai participé et animé durant presque quatre ans, chaque vendredi durant 1h30, une émission de radio qui s'adresse aux personnes détenues et assistée à plusieurs procès où l'administration pénitentiaire était mise en cause, et à ce titre, et au regard des innombrables courriers que ces personnes nous ont adressé, afin de dénoncer les exactions de l'administration en question, je sais de quoi je parle.

Toutes ces personnes savent, d'ores et déjà, que les recours par la voie légale ne servent à rien, que de nombreux magistrats couvrent systématiquement les dysfonctionnements et les débordements de leur bébé, l'administration pénitentiaire.

Après lecture de l'ordonnance que vous avez rendue, pompeuse, sclérosée, issue d'une justice majuscule et absolue, couvrant une administration faisandée qui impose ses règles à coups de poings, de claques ou de matraque, que vous rendez du haut de votre trône, je me dis que mon fils ne sortira pas vivant de prison. J'ai peur, très peur.

J'ai bien compris que celle ci n'a d'autre but, clairement affiché, que dissuader toute velléité de dépôts de plainte de la part de nombreux autres torturés, ce qui, au bout du compte, vous poserait problème.


S'extraire à tout prix de la diarrhée carcérale qui noie les hommes par petits bouts.

J'ajoute, qu'une telle justice qui se fait complice du pire, est un incroyable moteur pour des projets d'évasion au coeur de toutes les prisons de France, qu'elle promeut, fertilise et dynamise en ne disant mot contre l'inacceptable.

L'injustice accouche d'enfants qui lui ressemblent.

Voilà madame Gensac, ce que moi, maman, je tenais à vous dire, après plus de six ans de combat contre l'hydre pénitentiaire et vos moulins à vent.


Je ne vous salue pas, madame, j'ai trop mal à mon fils.

Par Catherine - Publié dans : APPEL POUR CYRIL - Communauté : Fraternité a perpète
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 09 2007 20:09

Madame la directrice, Monsieur le directeur,


Je viens par la présente, attirer votre attention sur la situation de Cyril Khider mon fils cadet,
actuellement incarcéré au centre pénitentiaire de Choconin dont vous vous avez la responsabilité.

J'avais décidé de vous écrire avant même l'arrivée de mon fils dans votre établissement, afin de le
prémunir contre d'éventuelles fouilles abusives de la part de certains de vos agents, susceptibles
de trouver, fort à propos, des substances prohibées, illicites voire dangereuses dans sa cellule.

Tout cela arrive au moment ou votre administration fait appel contre le jugement rendu par le tribunal administratif qui a condamné celle ci pour allégations mensongères quant à son maintien abusif à l'isolement, Soit plus de cinq ans de torture sans discontinuer.

Comme vous le savez il y a une semaine Cyril s'est assommé et cassé la jambe, le péroné pour
être exacte, au niveau de la cheville, ce qui est extrêmement douloureux et lui interdit toute mobilité excessive.

Cela venait de se passer lorsque samedi dernier 22 septembre 2007 je suis allée le
visiter au parloir.

Depuis, il n'a cessé les allers retours entre infirmerie et hôpital où un médecin a du lui refaire son
plâtre parce que son pied avait énormément gonflé ce qui l'invalide gravement.
Or, un détenu vient de m'appeler pour me faire savoir que des surveillants venaient de fouiller sa
cellule pour ressortir avec une dizaine de cartons qu'ils allaient passer aux rayons X d'après ses
dires.

Mais, ceci n'est pas le plus grave au regard de ce que ces supposés agents pourraient
judicieusement trouver dans sa cellule à l'ère du scientifiquement prouvé.
Traces de ceci ou de cela.
Je sais qu'un noyau dur d'agents a juré d'avoir la peau de mon fils, reste à déterminer si oui ou non vous accepterez la curie.

Apparemment oui, puisqu'il y a moins de dix minutes un autre détenu vient de me téléphoner pour
me faire savoir que mon fils Cyril a été emmené de force au mitard parce qu'il n'acceptait pas les
dégats fait par vos agents dans sa cellule après avoir été plaqué au sol violemment.
Je vous rappelle ce que vous semblez avoir oublié Cyril était hier encore à l'hôpital avec un pied qui a doublé de volume et qu'il se déplace très difficilement avec deux béquilles pour le soutenir.

Frapper un homme est déjà une horreur en soi mais, frapper un homme blessé ou à terre est
idnamissible.

Je vous rappelle qu'il doit être extrait pour le jugement du 1er octobre soit dans trois jours et que je sais que pour rien au monde il refuserait cette extraction.

Aussi, je compte sur vous pour qu'il n'arrive rien de fâcheux à mon fils qui prépare depuis de longs
mois sa réintégration sociale autant que professionnelle et qui a même trouvé un travail.
Je vous rappelle enfin que votre administration a fixé la réinsertion des personnes détenues dans ses objectifs prioritaires.

Je rappelle que Cyril a pratiquement un pied dehors après 6 ans et demi de prison effectué sur les dix de sa condamnation et que, de nouvelles allégations mensongères n'auraient d'autre but clairement affiché que le garder jusqu'au bout dans des conditions extrêmes Je vous rappelle pour mémoire que Bertrand CANTAT chanteur du groupe Noir désir, auquel je souhaite de tout cœur la libération, condamné à huit ans de prison n'en a quant à lui a effectué que 4 sur 8 au moment où ce dernier présente son dossier de libération conditionnelle.

Serait ce là la preuve qu'il existe une justice à deux vitesses et deux poids deux mesures en terme
de loi ?

Il a déjà effectué plus de la moitié de sa peine dans les conditions effroyables, basées sur des
allégations mensongères, pour lesquelles votre administration a été condamnée.
Décision rendue publique à la veille du verdict au procès de Créteil.

Je vous remercie, d'ores et déjà, pour toute l'attention que vous accorderez à la présente.
Je vous prie d'agréer madame la directrice, l'expression de mes salutations distinguées.


Pour copie à : 
Monsieur Delevoye médiateur de la république
Madame Rachida Dati garde des sceaux
Madame Lorne ancienne directrice de la maison d'arrêt de la santé
Madame Alima Boumédienne Thierry sénatrice des verts.





MORT OU VIF ???

Par Catherine - Publié dans : APPEL POUR CYRIL - Communauté : Fraternité a perpète
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 09 2007 20:02

Perles d'amour pendues au cou des mensonges
Eclats diaboliques ou bien larmes de Dieu
Je sais aujourd'hui le mal qui vous ronge
Pourquoi des hélicoptères dans vos iris en feu.

Les drames qui dérivent dans vos prisons banquises
Où la haine arrache son ombre aux regrets
La trame costumée de votre procès d'assises
Où le bien et le mal seront déguisés en jurés.

Livrant aux bourreaux votre siamoise affection
De son énorme hache qu'il vous sépare enfin
Pour brûler au bûcher vos désirs d'évasion
Que la nuit s'étale sur tous vos matins.

Au mot se quitter mon coeur se dégonde
Pareilles à ces aubes où vous n'êtes pas rentrés
Laissant sur mes lèvres ce petit goût immonde
Refluant des méandres de vos vies dévastées.

Je veux bâtir et tisser sur nos ruines
Un tapis volant né de nos peines tannées
Faire un grappin de nos blessures assassines
L'accrocher au ciel et par dessus les murs s'envoler.

Par Catherine - Communauté : Fraternité a perpète
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 09 2007 19:29

 

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Slam dans lequel l'intitulé des émissions (de gaz à effet de « serres ») télévisuelles est mis entre guillemets...


Assis ou vautré sur ton page
Ami télé phage
Tu tournes les pages de ton programme télé
Pour oublier ton quotidien sans âme ou te décérébrer ?
Confiant, tu livres ton esprit aux prophètes du petit écran
Pour oublier tes erreurs, tes défaites, ou ton environnement ?
Concept ou précepte, tu acceptes pourtant
Leurs bouquets de chaînes fanées,
Qui t'enchaînent à ta télécommande, à ton poste de télé.
C'est un viol en bande organisé, de tes neurones de tes idées,
Qui te plastique le cerveau de Thierry à Marco.
Intox ou info ?
Un gosse a défouraillé dans son lycée
Après avoir maté sa série préférée.
Il veut passer aux infos,
Être célèbre dans l'ghetto,
Être « la star à l'académie » du tiéquar. « Faites entrer l'accusé » « Ally Mac Beal » plaider.

APPRENDS LE GESTE QUI SAUVE : ETEINS
METS UN FREIN OU METS SUR PAUSE
MEME SI TA VIE N'EST PAS ROSE
QUAND TU L'ALLUMES TU T'ETEINS

Bière ou sensémilla,
Pieds sur la table, tu mates le championnat.
Pendant qu'ta fille avec son ordi sans fil,
Se fait courtiser par un réseau pédophile,
Venu s'installer à ton domicile
Par souris ou écran interposé.
Tu restes sourd à ses appels au secours
Trop occupé par tes « feux de l'amour »
Puis « sans aucun doute »
À la fin de « téléfoot »
Elle pensera qu't'en a rien à foutre.
Ca sert à quoi l'amour
Si tu « vis pas sa vie » ?
Si tu préfères tes « enfants d'la télé »
Et leur « trente millions d'amis » ?
Que tu rêves de « gagner des millions »
À « question pour un champion » ?
Planqué sous la burka d'ta religion cathodique
Qui te dicte ses dictats despotiques
Pas besoin de statistiques, c'est mathématique,
C'est scientifiquement prouvé,
J'l'ai vu à la télé !
Moins tu penses plus tu abdiques
Devant les pratiques hypnotiques
Du prêt à consommer ou à penser

APPRENDS LE GESTE QUI SAUVE: ETEINS
METS UN FREIN OU METS SUR PAUSE
MEME SI TA VIE N'EST PAS ROSE
QUAND TU L'ALLUMES TU T'ETEINS.

A la télé, dans les radios
Dans les couloirs du métro
La pub te mange le cerveau
Pour 20 milliards d'euros.
Elle t'atomise, t'infantilise et te secoue
Elle uniformise tes goûts.
Pourtant « on a tout essayé »
Pour que « tout l'monde en parle »
On a « le droit d'savoir »
Que l' »capital » c'est « zone interdite »
Et « Fort boyard »
Sous les regards violés, voilés ou volés
Des larmes l'inondent
Malheur ou bonheur « On n'peut pas plaire à tout l'monde ».
La grippe aviaire a touchée la colombe. "La marche du siècle est immonde"...
Par Catherine - Publié dans : SLAM - Communauté : Oeil alarme ou larme à l'oeil
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 09 2007 19:22

PRISON BREAK ,ou comment une série télévisée peut fédérer des millions d'euros tout en nourrissant une image décolorée du monde, sensationnelle et stéréotypée qui se substitue à la réalité de tant d'hommes, de mes fils en particulier, qui continuent de crever dans les entrailles de la bête, dans la partie la plus douloureuse et opaque du colon, appelée quartier d'isolement...

FICTION : Les héros, deux frères emprisonnés, dont le cadet est venu sauver son frère condamné à mort, il s'est tatoué sur le corps les plans de la prison qui doivent servir à l'évasion de son aîné.

REALITE : Le « haro » jeté sur deux frères emprisonnés, dont le cadet a tenté de faire évader (2001) son frère condamné à vie.
Il a tatoué dans son cœur le plan du désespoir et de l'amour qui doit servir à l'évasion de son aîné.

Dans « Prison Break », outre l'élément affectif qui se dégage de la série, le drapeau des valeurs morales est brandi en contrepartie de cette histoire d'amour et d'évasion. Planté dans l'émotionnel collectif, il imprime son imaginaire, qui, d'émotions chocs en émotions toc, s'amenuise de jour en jour. Il abandonne la réalité de la vie au profit d'émotions fictives et fabriquées qui le rassurent quant à son identité.

Ce qui fait la force de cette fiction, sont ces deux histoires d'amour contrariées, entre les deux frères bien sur, mais plus que tout, ce drame « Shakespearien », ce « Roméo et Juliette » carcéral. Dans cet interdit amoureux, entre le prisonnier et le médecin de la prison qui n'est autre que la fille du sénateur de l'état, chaque téléspectatrice (eurs) peut se reconnaître.

Le scénariste n'a pas oublié de médicaliser la réciprocité amoureuse, il rappelle à l'aide de « flashs back » judicieusement disséminés au fil des épisodes, les quelques petits problèmes de drogue et de dépression que la toubib a connu dans son « passé fictionnel », avant de travailler en prison.

Si elle aide son amoureux de prisonnier à s'évader, ce que chaque téléspectateur attend la langue pendante à chaque nouvel épisode, c'est parce que c'est une ancienne droguée.

Ouf ! la morale est sauve !
Dans NOTRE REALITE, lorsqu'une assistante sociale tombe amoureuse de mon fils aîné, qu'un surveillant, un directeur de prison, ou le psycho flic d'une brigade d'élite, s'émeuvent devant sa personnalité, le diagnostic claque comme un tir de flash ball, dans le dos d'un adolescent : c'est un syndrome de Stockholm, doublé d'une manipulation...
Exit, le romantisme de la série et son cortège de sentiments sucrés et humides...

En filigrane apparaît dans la série, « la grâce » ultime, ce droit de vie ou de mort que le grand méchant sénateur espèce de dieu territorial, peut appliquer à tout moment du scénario. Ce coup de fil quasi divin, tient le spectateur en haleine sur le tempo émotionnel et affectif.

Chacun(e) d'entre eux (elles) peut s'identifier aux personnages à travers cette histoire ayant pour ressort l'amour, la vie et la mort ainsi que la confrontation morale des axes du bien et du mal.

Ils s'émeuvent devant une série larmoyante, mais ne sont pas réactifs face à la réalité, ils n'y n'adhèrent plus.
Leur sensibilité télévisuelle a remplacée l'action. Les effets spéciaux de la série comme ceux de beaucoup d'autres, de pubs ou de téléfilms ont pris le pas sur la réalité.

Dans la vraie vie, finis les effets spéciaux, les couleurs qui accrochent l'œil, des hommes continuent de souffrir ou de mourir de la barbarie carcérale dans des quartiers d'isolement obscurs.

La burka cathodique empêche les téléspectateurs de regarder la vie dans les yeux, ils les gardent définitivement baissés devant la nudité crue et violente de la (notre) terrible réalité.

L'intégrisme télévisuel et émotionnel a guillotiné leurs sentiments.
Lors de la grand messe de « Prison break », l'excitation affective culmine, elle menotte devant l'écran des millions d'adeptes qu'elle enferme dans des émotions exaltées, nombrilistes et artificielles, les déconnectant de l'autre, de la réalité.

Ainsi, « d'électro émotions » hebdomadaires ou quotidiennes en téléfilms ou séries, les véritables sentiments disparaissent au profit d'une sensiblerie stérile et improductive.

« Prison break » atteint des sommets financiers, grâce à l'ampleur de l'emprise émotionnelle, au tsunami psycho affectif qu'elle suscite. Dans cette faille béante peuvent s'engouffrer, publicitaires, annonceurs de tout poil et autres « Merlins enchanteurs » du bizness sécuritaire et libéral.

Cette série joue en virtuose sa partition affective, faisant exploser l'audimat, cet empereur de l'audience qui aspire de son énorme paille télévisuelle, l'imaginaire collectif des téléspectateurs.

Malgré l'incommensurable déséquilibre, j'assume seule, depuis des années le combat afin d'obtenir un procès équitable pour mes enfants, dans un dossier instruit uniquement à charge.
Espérant ainsi attirer l'attention des plus nombreux sur des pratiques carcérales barbares et judiciaires injustes, dont les notions de droit et d'humanité ont été définitivement bannies.

Je veux également, démontrer que cette histoire de frères est une histoire de vie et d'amour, que mon fils Cyril est l'anti thèse du Caïn biblique qui tua son frère dans un accès de jalousie.

Dans la réalité un surveillant a été blessé parce qu'il avait tiré sur l'hélicoptère alors que cela était formellement interdit.

Nous sommes là, bien loin de la fiction de « prison Break » une fois de plus.

Nombre de nos représentants politiques, brandissent le droit des victimes en étendard, alors qu'ils ne les respectent pas, puisqu'ils s'en servent comme bouclier humain, s'abritant derrière celles ci, dés qu'ils veulent occulter une réponse à une question embarrassante, ou faire aboutir des mesures liberticides pouvant fertiliser la loi organique des finances (Lolf).

Enterré sous des excréments sécuritaires, le code de procédure pénal attend au fond des quartiers d'isolement que la démocratie torche sur l'étendard du droit, la « Ré publique ».

Dans cette froide et clinique réalité, aucune identification possible, pas d'écran pour renvoyer les images de cet univers sombre, opaque et concentrationnaire, enfoui dans les catacombes de nos consciences endormies.
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Par Catherine - Publié dans : ECRITURE - Communauté : Fraternité a perpète
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Samedi 1 septembre 2007 6 01 09 2007 18:57

Petit Slam dédié à toutes les enfants victimes de la folie des adultes

Dans une démocratie ou des démons crasseux
Avilissent des enfants ou en font un enjeu,
Le plus grand prédateur de l’enfance en danger
C’est son ogre social et son écran d’fumier.
Adolescents ou jeunes filles en fleurs
Massacrés dans le jardin des leurres
Bouquets de plaies, de bosses et d’entailles
Flétris au plus profond de leurs entrailles,
Au cœur desquelles rumine le chaos
Car, lorsque la chair est blessée
elle devient « chair d’assaut »…
Et nous, nous prions Dieu pour qu’il supplie le diable
De cesser le sabbat autour de leurs cartables.
Mais, attentats à la candeur ou obus sexuels
Larmes versées ou versions sataniques
L’enfance est scarifiée son moral au gothique.
Tandis que la sécurité érectionnelle
Bourrée de son Viagra émotionnel
Bien raide dans le vagin de nos peurs
Ensemence des prisons pour mineurs.
La photographie d’un enfant aux abois,
Porno ou anthropométrie, c'est un « cliché sous bois ».
   
                                                                                                                           

 

Par Catherine - Publié dans : SLAM - Communauté : Oeil alarme ou larme à l'oeil
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